Au royaume des voitures de course historiques, rares sont celles qui ont su graver leur nom dans les mémoires comme la Bugatti Type 35. Lancée en 1924 par Ettore Bugatti, cette voiture aux lignes épurées et au design classique a su capturer l’imaginaire des passionnés et accumuler un palmarès incroyable. Plus de 2 000 victoires en compétition toutes catégories confondues ! Son secret réside loin d’une simple compétition de puissance – il puise dans une légèreté révolutionnaire et une précision mécanique sans faille. Cette icône du sport automobile du XXe siècle incarne la fusion parfaite entre ingénierie innovante et esthétique maîtrisée, incarnant l’esprit de la course automobile où chaque détail compte.
Cette voiture de course alsacienne a marqué non seulement son époque par ses performances, mais aussi par sa capacité à être accessible à tous pilotes capables d’investir dans une machine d’exception. Quiconque pouvait se l’offrir devenait un acteur potentiel de victoires sur piste, une stratégie commerciale audacieuse en pleine guerre technologique où la puissance brute semblait être la clé.
- Plus de 2 000 victoires entre 1924 et 1931, un record inégalé.
- Moteur 8 cylindres en ligne de 2 litres bipartite, jusque 140 chevaux selon versions.
- Carrosserie légère et jantes novatrices en aluminium coulé, augmentant la performance.
- Stratégie unique : vendue librement à tout pilote solvable, créant une dynamique gagnante.
- Succès sur des courses mythiques : Targa Florio (5 victoires consécutives), Grand Prix de Monaco (1929).
qu’est-ce qui fait de la Bugatti Type 35 une championne hors norme ?
Dans un monde dominé par la puissance moteur hors-norme, la Bugatti Type 35 a adopté une autre philosophie. Au lieu de pousser la cylindrée à son maximum, Ettore Bugatti privilégie la légèreté et la précision. La voiture ne dépasse pas 95 chevaux dans sa version originale, mais avec un poids plume d’environ 750 kg, elle devient une bête agile sur le bitume. Cette légèreté se traduit en meilleure tenue de route, notamment dans les virages serrés et sur les circuits sinueux des années 1920 où la centrale de gravité basse et le châssis rigide rivalisent avec des moteurs plus puissants mais plus lourds.
Le moteur 8 cylindres en ligne est un chef-d’œuvre d’ingénierie, combinant deux blocs de quatre cylindres en aluminium coulé. Doté d’une distribution à trois soupapes par cylindre et d’un arbre à cames en tête, il atteint un régime impressionnant de 6 000 tours/minute à une époque où la fiabilité était rare. Ce vilebrequin, toujours cité comme référence chez Bugatti aujourd’hui, est supporté par des roulements à billes et rouleaux exclusifs qui font toute la différence.
Un autre élément crucial vient de l’ingéniosité des roues en aluminium coulées, une révolution à l’époque où les roues à rayons en acier encombraient le comportement des suspensions, augmentaient la masse non suspendue et limitaient le freinage. Ces huit branches plates avaient aussi un rôle de turbine, souffle d’air frais assuré au frein à tambour intégré–pas besoin de démonter pour contrôler les garnitures! Cela réduisait considérablement les arrêts aux stands et la fatigue mécanique.
En résumé, ce n’est pas juste un véhicule historique, c’est une leçon de conception intégrée où chaque élément est pensé pour optimiser la performance globale et la maniabilité, assurant une expérience de conduite incomparable.

comment la Bugatti Type 35 a-t-elle dominé les circuits européens ?
Son échec légendaire au Grand Prix de Lyon 1924 a paradoxalement lancé sa glorieuse carrière. Ce jour-là, la voiture subit un calvaire lié à un problème de pneumatiques mal vulcanisés, ce qui empêcha les déchaussements sur les jantes inédites en aluminium. Pourtant, Ettore Bugatti ne céda pas à la panique. Il fit preuve de résilience et d’une approche méthodique : il changea de fournisseurs et adapta les dimensions. Deux mois plus tard, à Saint-Sébastien, une Type 35 finit deuxième. La voie était tracée.
Entre 1925 et 1929, la Bugatti Type 35 rafle la Targa Florio à cinq reprises de suite, une épreuve parmi les plus difficiles d’Europe, avec ses routes isoles et ses virages redoutables. Cette performance n’est pas seulement due aux exploits des pilotes, mais bien à la fiabilité exceptionnelle de la mécanique et au rôle capital de la maniabilité.
Au-delà de la Targa, les victoires se multiplient en Grand Prix, notamment celui de Monaco en 1929, premier du genre sur ce circuit, où la Bugatti décroche un doublé mémorable. La performance de la Type 35 y est un testament à ses capacités à tenir la haute vitesse sur un tracé urbain exigeant, où le freinage et le pilotage précis sont cruciaux.
Le palmarès exceptionnel s’explique aussi par ce choix atypique de Bugatti de proposer sa voiture à la vente publique, rendant possible que des pilotes privés participent et remportent des courses souvent réservées aux usines. Cette accessibilité a multiplié la présence de la Type 35 sur les grilles, et ses points de victoire éclatent dans toutes les épreuves régionales et internationales.
tableau des versions majeures et leurs performances
| Version | Moteur | Puissance (ch) | Vitesse max (km/h) | Particularité |
|---|---|---|---|---|
| Type 35 | 8 cyl. 2,0 L atmosphérique | 90-95 | 180-185 | Version originale, équilibre et légèreté |
| Type 35C | 8 cyl. 2,0 L compresseur Roots | ~120 | ~190 | Version suralimentée, puissance accrue |
| Type 35B | 8 cyl. 2,3 L compresseur Roots | 140 | >215 | Modèle ultime, vitesse record |
| Type 35A | 8 cyl. 2,0 L atmosphérique simplifié | 75 | ~170 | Version plus accessible, roues à rayons classiques |
| Type 35T | 8 cyl. 2,3 L atmosphérique | 105 | ~190 | Spécifique Targa Florio, 13 exemplaires |
les pilotes et la philosophie de Bugatti derrière le succès
Sur la piste, la Bugatti Type 35 n’est pas simplement une voiture. Elle est une extension du pilote. Et son palmarès monumental est jalonné de noms qui ont marqué la course automobile : Louis Chiron, Tazio Nuvolari, William Grover-Williams, René Dreyfus, Albert Divo, pour ne citer qu’eux. Ces champions ont d’abord admiré la sobriété du design mais surtout la fabuleuse précision mécanique et la robustesse de la machine.
Ettore Bugatti, fils d’un artiste, avait une vision au-delà de la simple mécanique. Pour lui, chaque pièce devait être à la fois fonctionnelle et esthétique. Il considérait la voiture comme une œuvre d’art, ce qui explique cette cohérence de la Bugatti Type 35, où rien n’est superflu. Cette approche engageait aussi une relation étroite entre le conducteur et le véhicule, qui se pilote avec finesse et sensibilité.
Une anecdote célèbre veut que Nuvolari, rival souvent favori face à des voitures plus puissantes, préférait la fiabilité et la maniabilité de la Type 35 aux bolides ultra-puissants certes plus rapides, mais parfois imprécis sur routes sinueuses. La précision du châssis et la direction légère faisaient toute la différence.
Cette ماكينة pouvait paraître « brute » dans ses sensations mais était conçue pour récompenser la constance et la précision plutôt que la seule agressivité. D’ailleurs, contrairement aux standards d’aujourd’hui, la Type 35 ne se dompte pas, elle se comprend et se respecte. Cette magie explique que même aujourd’hui, les passionnés la pilotent encore sur circuit avec émotion et exigence.
comment la Bugatti Type 35 influence encore la compétition en 2026
En 2026, la Bugatti Type 35 demeure plus qu’une relique : elle est un symbole. Elle influence la manière dont on pense la performance pure sans forcément rechercher une puissance exubérante. De nos jours, alors que certains constructeurs tournent autour de chiffres effarants en chevaux, cette icône rappelle que la légèreté, l’équilibre, et la précision restent des atouts essentiels.
La philosophie d’Ettore Bugatti a inspiré nombre d’ingénieurs contemporains travaillant en compétition automobile moderne. La mise au point d’une voiture doit toujours trouver ce savant équilibre entre puissance, maniabilité, tenue de route, et fiabilité pour corriger les excès. D’ailleurs, nombreux sont ceux admirant cette voiture qui recommandent d’étudier son histoire et ses innovations pour comprendre la compétition d’aujourd’hui.
Par ailleurs, la stratégie de Bugatti consistant à vendre la voiture à tous les pilotes solvables ouvre un parallèle intéressant avec l’évolution actuelle des championnats et des pilotes privés. Cette démocratisation a contribué sur longue durée à la croissance phénoménale du sport automobile, dont la diversité des participants est aujourd’hui une richesse.
Dans ce contexte, pour ceux qui veulent pousser plus loin cette passion, on trouve des ressources et formations adaptées, comme à travers des écoles de pilotage haut de gamme, qui reprennent cette démarche d’allier maîtrise technique, connaissance des mécaniques performantes, et plaisir de la course automobile.
liste des innovations techniques clés de la Bugatti Type 35
- Moteur 8 cylindres bipartite avec vilebrequin hautement précis, permettant des régimes élevés fiables.
- Jantes en aluminium coulées en 8 branches augmentant le refroidissement des freins et réduisant le poids.
- Système de bague de centrage empêchant les pneus de déjanter en cas de crevaison partielle.
- Essieu avant creux forgé d’une pièce pour la légèreté et la rigidité accrue.
- Châssis rigide et léger conçu pour maximiser la maniabilité sans sacrifier la résistance.
- Distribution à 3 soupapes par cylindre, combinant puissance et efficacité.
Quelle est la puissance maximale développée par la Bugatti Type 35 ?
Selon les versions, la puissance varie entre 75 ch pour la version grand public Type 35A et jusqu’à 140 ch pour la Type 35B avec compresseur Roots.
Combien de victoires la Bugatti Type 35 a-t-elle remportées ?
La Bugatti Type 35 et ses variantes ont remporté plus de 2 000 victoires, un record dans l’histoire du sport automobile.
Pourquoi les roues en aluminium étaient-elles innovantes ?
Elles ont réduit significativement la masse non suspendue, améliorer le refroidissement des freins et permis des arrêts plus rapides lors des courses.
Quelles sont les courses majeures remportées par la Bugatti Type 35 ?
Elle a dominé la Targa Florio avec cinq victoires consécutives entre 1925 et 1929, et remporté le premier Grand Prix de Monaco en 1929.



